Publications

 

BOOKS


Versailles Chantiers
textes Christiane Veschambre
éditions Isabelle Sauvage,
Collection « Ligature », parution novembre 2014

 

    

   

 


Coréennes
entretiens, 2015


Bronx
Petit objet photographique de 15 images
éditions Filigranes, 2004


CATALOGUES


Mois de la photo / 2014


PRESS


Les Inrockuptibles
semaine du 13 juin 2018


« Dans les étoiles ou à Bamako, le regard de Juliette »
Ouest-France, mardi 12 juin 2018 / Loïc Tissot

 


« Le réel ne suffit pas »
L’intervalle 12 juin 2018 / Fabien Ribery

 

Il y a chez la photographe Juliette Agnel un émerveillement permanent, premier, face aux paysages extrêmes et à la stupeur qu’ils suscitent.
Comprenant l’esthétique comme l’un des domaines majeurs de l’anthropologie, l’artiste aime se confronter à l’inconnaissable, à l’incommensurable.
Voilà pourquoi le monde scientifique la passionne, pour ses découvertes, sa rigueur, ses folles ambitions.
Il ne s’agit pas pour elle et les chercheurs qui la fascinent de cartographier simplement les objets de la réalité, mais de plonger véritablement dans une dimension où l’espace et le temps deviennent des mystères profonds.
Son travail relève ainsi de la notion de sublime, d’une disproportion ordonnée échappant au discours pour faire entendre la tonalité d’une parole sans traduction possible, qui est au sens fort un ravissement, un enlèvement, un rapt de tout l’être.

Comment entendez-vous la notion de paysage extrême ?

Le paysage de l’extrême, c’est un peu le bout du monde, là où la terre a encore le dessus sur l’homme, et où l’on sent bien que les forces telluriques sont présentes, visibles, palpables, voire même potentiellement dangereuses. Un peu comme quand on est près d’un volcan qui pourrait s’activer. C’est un paysage primitif, chaotique, là où tout nous échappe. Un endroit où tout se mêle, même à l’espace, où tout est bouleversé, renversé. Un déchirement primitif.
Je lis une chose sur Kant qui m’amène à copier cet extrait : « La première phase dans la cosmogonie de l’auteur de la « Théorie du ciel » est le chaos. C’est lui qui succède directement au néant. Il se caractérise par un état de la matière en décomposition et au repos. Deux mouvements doivent alors intervenir pour que l’univers se structure : un mouvement de condensation de la matière d’une part, et un mouvement de rotation d’autre part. » 
C’est peut-être ça que je cherche dans le paysage « de l’extrême ».

La photographie telle que vous la concevez et l’aimez relève-t-elle de la stupeur et d’une indifférenciation entre les ordres de grandeur ?

Oui, on peut dire ça, elle relève d’une fascination de la vie, ou du mouvement de vie. Notre oeil est façonné par nos connaissances et nos ignorances. Le monde est d’une variété infinie, et nous n’en voyons qu’une partie infime. Peut-être même que nous n’en voyons rien de ce qu’il est vraiment.
Il faudrait pouvoir voir à travers. Et pour cela, oublier ce qu’on connaît déjà.
Evidemment, dans l’observation profonde, de la nature par exemple, les échelles sont mélangées.
Scruter le développement du minuscule, entrer dans le temps et dans la décomposition du mouvement, est du même ordre que d’observer l’infiniment grand et le mouvement des étoiles. Je poursuis depuis plusieurs années un travail corporel sur le mouvement intérieur qui s’assimile de façon évidente au mouvement présent dans les plantes par exemple ou au mouvement des astres.

Que vous apporte l’utilisation de la camera obscura numérique, outil que vous avez conçu en 2011 à la Maison du Geste et de l’image (Paris)?

La camera obscura numérique m’a beaucoup apporté sur le rapport au réel. La transformation de l’image directement à la prise de vue est une poésie immédiatement appliquée sur le monde tel qu’il est, et la matière est le premier Geste de l’image. J’ai trouvé une appréhension du monde qui me convient, un travail pictural, au plus près de l’évocation. Elle m’a permis d’une certaine façon de regarder « à travers ». Dans les portraits (Les éblouis) notamment, j’évite ainsi les questions liées à la brutalité et à la crainte de l’image de soi puisque j’emmène les participants vers une dimension plus onirique et intérieure.

D’une façon générale, vous êtes très proche du monde scientifique, des anthropologues, des astrophysiciens, cherchez-vous à rapprocher et faire dialoguer esthétique et sciences ? 

Je suis complètement fascinée par le monde scientifique, par les découvertes permettant d’élaborer des connaissances sur le monde, et par les modalités de travail des chercheurs.
Je suis frappée que leurs discours et leurs travaux proviennent de l’émerveillement de la nature, du rêve, ou de la magie des formes…
Le monde scientifique est très proche, par son approche, du monde artistique. Ce sont des observateurs intenses et minutieux, des personnes que la nature surprend et enchante. Toutes leurs recherches débutent par l’observation précise, comme les guérisseurs qui puisent leurs connaissances dans l’observation de la nature.
Par contre, je dois dire que j’ai aussi été dérangée à une époque un peu lointaine maintenant, du refus profond pour certains anthropologues, d’inclure la dimension esthétique comme élément de fond. J’y ai été confrontée avec un petit film que j’avais réalisé en pays Dogon en 97 que j’ai refusé de traduire pour laisser le spectateur s’approprier les sons et la langue.

Quelle fut l’importance dans votre parcours intellectuel et artistique de la rencontre avec Jean Rouch ?

Jean Rouch était un homme qui pratiquait la liberté et le jeu dans son travail de cinéaste.
Grâce à Flaherty et à son histoire personnelle, il a compris qu’il fallait manipuler la réalité pour la mieux voir.
Il faisait tout au présent. Le rêve était son outil, et ses techniques inventées avec les moyens du bord lui ont permis de nous révéler une partie du monde. Découvrir les gestes d’une danse secrète des Dogons grâce à un ralenti subtil et inattendu, pouvoir observer frontalement l’état de transe, filmer la mise à mort sacrificielle d’un animal comme on filme un paysage, j’ai pu avoir accès à un monde grâce à lui plus qu’aucun autre cinéaste documentaire. Regarder ses films et l’écouter parler de son expérience est une leçon de vie.

Vous êtes représentée par la Galerie Françoise Paviot (Paris) dont on sait le rôle historique pour la reconnaissance des primitifs de la photographie. Vous concevez-vous ainsi comme une expérimentatrice des premiers temps de la photographie ?

Je me vois en effet comme une expérimentatrice ou exploratrice de la matière photographique, mais certainement pas des premiers temps de la photographie puisque les expérimentations n’ont jamais cessé. D’autre part, en ce qui concerne mes expériences, par exemple avec la camera obscura numérique, elles ne pourraient pas avoir eu lieu si le numérique n’existait pas. Je manipule la matière photographique grâce à tous les outils qui existent, peu importe à quelle histoire ils appartiennent, tant qu’ils m’aident à fouiller et transformer le réel. J’aime avoir la liberté et le choix.

Qu’appelez-vous ou appelle-t-on les étoiles pures ? Pourquoi un tel intérêt pour les astres ?

Les étoiles pures, ce sont les étoiles que j’ai photographiées sans contexte, lorsque je cherchais à produire une œuvre pour l’exposition L’Eternité par les Astres [commissariat Léa Bismuth].
Au départ, je les ai photographiées pour les associer avec un socle terrestre, puis j’ai eu envie de les voir seules, pures.
La nuit est la première épreuve de l’enfant. Et les paysages célestes sont un trait d’union entre l’espace et le temps. C’est un rappel des éléments qui forment le principe de la photographie.
Je repense à mes expériences au Pays Dogon lorsque sur le toit de ma maison, j’avais le ciel noir et étoilé à 365 degrés autour de moi. Et je me perdais dans l’échelle de l’espace et je ne savais plus si l’espace était proche ou lointain. Le ciel noir et profond m’entourait entièrement, et j’étais seule dans cet « Univers-île » (encore une référence à Kant via Humboldt).

Propos recueillis par Fabien Ribery

 

Lire l’article sur le site


« Les jeunes talents, Juliette Agnel chez Françoise Paviot »
Figaroscope du mercredi 8 au 14 novembre 2017 / Valérie Duponchelle

 


« Les paysages nocturnes de Juliette Agnel  » 
Fisheye,  Juillet 2017 (version web) / Eric Karsenty

Lire l’article sur le site


« Best of juillet – Arles 2017 : Les Nocturnes de Juliette Agnel » 
L’oeil de la photographie / Sophie Bernard

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« Juliette Agnel : J’ai construit cette machine car j’avais envie de filmer en sténopé »  
Le Monde de la Photo, avril 2017 / Sandrine Dippa

 

Lire l’article sur le site


«Juliette Agnel, l’oeil vers les étoiles»
Le Figaroscope, du mercredi 9 au 15 novembre 2016 / Valérie Duponchelle

 


«Photographier poétiquement»
Art Press 2 n°34, Septembre 2014 / Léa Bismuth

 

   

 


«La slow photo donne le tempo, implication physique»
Fisheye n°18, mai-juin 2016 / Sofia Fisher

 


«Le lieu, le corps, l’intime», Close to me
Semaine, décembre 2015 / Guillaume Lasserre

 


 

Revue Histo d’Art, 2014
Portfolio les Éblouis, 8 images
direction Michel Poivert

 


«La galerie itinérante met la photographie à l’honneur»
La Provence, 20 septembre 2014 / Marlène Bosc


«On a retrouvé le paradis perdu»
le Progrès, 8 février 2013 / Patrice Gagnant

 


«La transformation de la matière et des formes» 
Photomonthly, vol. 461, Juin 2006 / Ha Seyoung

 

 

 

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